Une journée ordinaire – histoire courte

aire de jeu journée ordinaire

Premier épisode d’une journée ordinaire: la salle de jeux.

Dans un point lointain – enfin pas trop lointain non plus – connu pour ses paysages de montagne et ses produits chocolatés, vivent trois enfants. Trois têtes blondes au caractère bien trempé.

L’aîné, Thomas, adore les jeux vidéo. S’il le pouvait il deviendrait un de leurs héros. De préférence celui avec la plus grosse arme et la plus robuste des armures ; de quoi dégommer les ennemis à gogo sans craindre la moindre égratignure.

Le cadet, Martin, rêve d’arts martiaux. Il apprend patiemment leurs rudiments. Nin jutsu, Kung fu, sans oublier karaté, aucun n’a pour lui de secret. Il sera plus tard ninja ou bien king fu master. Il ne s’est pas encore tout a fait décidé.

Pour compléter cette joyeuse fratrie, la petite dernière qui répond au nom d’Aimée. Cette petite sœur ne se laisse pas marcher sur les pieds. Bien au contraire. Elle rappelle au besoin à ses deux grands frères qu’elle est une princesse qui sait se faire entendre. Elle n’a peut-être pas encore toutes ses dents mais elle a beaucoup de répondant. Ses grands frères l’ont appris à plusieurs reprises déjà à leur dépend.

Efforçons nous de peindre le tableau d’une journée ordinaire de ces trois enfants extraordinaires.

Depuis bientôt une heure Thomas est occupé à tuer de géantes araignées mécaniques créées par un savant fou adepte de robotique.
« Crevez charognes !!! Goûtez a ma mitrailleuse laser. Je viens de l’upgrader. Vous allez déguster. »
Son frère, pendant ce temps là, rêve de combats au côté de ses amis les ninjas. Il a pris pour cela les feutres de sa sœur. Pour représenter en couleur leurs actions sur des feuilles de papier. Comme une bande dessinée. Il est très concentré. Rien ne pourrait le distraire. Pas même les cris de guerre poussés par son frère.
La petite Aimée, quant à elle, attend son tour pour passer à l’action. Depuis plusieurs secondes déjà elle épie derrière la porte. Elle est bien décidée à faire une entrée remarquée dans la salle de jeux. Elle regarde par le trou de la serrure. Elle a du mal à contenir son excitation. Elle aperçoit Thomas affairé devant le poste de télé et son autre frère affalé sur le canapé. Elle va les prendre par surprise. Ne pouvant plus tenir elle ouvre la porte d’un coup sec et pousse son cri de ralliement.
« Thomartin ! »
Aucune réaction mais la petite Aimée ne se laisse pas facilement décourager.
« Vous arrêtez maintenant. C’est avec moi que vous devez jouer. »
Toujours aucun signe de ses frères.
« Si vous ne jouez pas avec moi, je vais dire à maman que hier vous ne vous êtes pas lavés les dents »
Les deux frères ne semblent pas prendre la menace au sérieux. Ils n’en sont pas à la première menace de cet ordre à vrai dire et ils ont aussi en réserve de quoi faire taire leur petite sœur.
« Aimée, laisse-nous. Sinon on dira à maman comment tu as cassé nos jouets. »
Voila le défi lancé. Aimée ne va pas se laisser démonter. Elle change de tactique. Elle se précipite sur son plus jeune frère, tente de lui arracher un feutre des mains.
« Tu m’as fait déborder. T’es embêtante, tu sais. »
Aimée pouffe de rire. Elle est fière de son effet. Elle a réussi à attirer son attention.
« Tu dois jouer avec moi ! » assène-t-elle sans plus attendre.
« Va voir Thomas. J’ai déjà joué avec toi ce matin. C’est son tour. »
« T’as pas joué beaucoup. »
Martin hausse les épaules. Toujours le même argument. Aimée pourrait jouer pendant des heures et toujours l’étiqueter d’un ‘pas beaucoup’.
Martin trouve une parade.
« Tu veux que je coupe la tête d’une de tes poupées ?! »
Sacrilège! De quoi faire oublier les meilleures intentions.
« Non !!! Touche pas à mes poupées. »
« Vous allez arrêter ! Vous me faites perdre », intervient finalement le frère ainé.
« De toutes façons, dit Martin, tu perds tout le temps. »
« Oui Thomas, tu perds tout le temps. T’es nul. »
« Bien dit ! »
Les deux cadets viennent de se liguer contre leur grand frère.
« Et voilà !!! s’excite ce dernier avant de pousser un soupir qui en dit long. Comme je le disais. J’ai perdu. Merci ! Mais alors merci !! »
Le ton est ironique. C’est que le grand frère est très mauvais perdant. Pire que sa tante au même âge et cette dernière avait mis la barre bien haute. C’est dire. De rage il lance sa manette par terre.
« Arrête de réagir comme un bébé. »
« Oui, arrête de réagir comme un bébé Thomas. »
Aimée adore appuyer les propos qu’elle trouve pertinents. Elle y trouve autant de plaisir que lorsqu’elle copie les moindres gestes et paroles de ses amis ou parents.
« T’as trop joué aux jeux vidéo aujourd’hui » se sent-elle de rajouter en retrouvant dans sa mémoire une phrase que disent fréquemment leurs parents.
« J’avais bientôt fini. »
« Ouais c’est ça… » dit dubitatif son frère.
« T’avais bientôt fini par mourir », ajoute Aimée avec malice.
Martin éclate de rire.
« Bien dit Aimée ! Tu l’as bien mouché. »
Aimée sourit de toutes ses dents. Elle adore recevoir des compliments.

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