Construire un monde imaginaire avec des matériaux

monde imaginaire depuis puzzle

Une citation de René Barjavel m’a interpellée dès que je l’ai lue il y a de cela quelques jours. En effet, tout comme l’a exprimé René Barjavel, ce sont des bouts de monde connu que j’ai assemblés lors de la construction de mes mondes imaginaires.

On ne construit un monde imaginaire qu’avec des matériaux pris dans le monde connu. René Barjavel

Les prénoms et noms des personnages, tout autant que les noms des lieux, en sont une excellente illustration. Les noms des personnages dans mon récit La Grande Traversée ont ainsi de nombreuses origines qui n’ont rien à voir avec le hasard, ou avec une analyse de numérologie comme je me suis amusée à le faire a posteriori comme mentionné dans un précédent article. Les prénoms, noms de famille et surnoms des personnages qui évoluent dans le récit de La Grande Traversée sont le résultat d’un puzzle que j’ai recréé à mon gré de toutes les sources d’inspiration de l’époque. Cela est aussi vrai pour les noms des lieux, mais je préfère pour le moment me contenter d’illustrer mon point au moyen des noms des personnages.

Choisir un prénom pour ses personnages

Mes choix de prénoms ont été faits essentiellement car je souhaitais donner des prénoms que j’appréciais particulièrement à l’époque ou parce que je me suis amusée à inventer des prénoms à partir de prénoms déjà existants ou de sonorités qui me plaisaient. Un assemblage de pièces de puzzles que permet de faire librement le monde imaginaire qui prend vie sous la plume. J’avais ainsi expliqué quelques uns de mes choix de prénoms dans un précédent article.

C’est en quelque sorte sûrement aussi ces mêmes raisons qui motivent le choix du prénom des enfants. L’envie de leurs conférer des qualités, des traits de caractère particuliers, tout en les démarquant des autres membres de leur génération. N’est-il pas plaisant en effet de penser que votre enfant aura un prénom à la fois original qui le/la fera sortir du lot et qui ne la/le marginalisera pas.

Pour les prénoms de ses enfants, on peut aussi s’amuser à choisir un prénom dont on est à peu près certain qu’il se prononcera facilement dans une langue étrangère, à commencer par l’anglais, et à veiller à ce que l’association du prénom et du nom de famille ne crée pas une signification indésirable. Ce deuxième point est un point distinct avec les noms que l’on donne à des personnages de fiction, car souvent on va rechercher à jouer justement sur l’association du prénom et du nom de famille dans le but d’ancrer encore plus arbitrairement le personnage dans une réalité, quitte à créer une signification que l’on refuserait de véhiculer dans la vie réelle. Cela fait partie des plaisirs de construire un monde imaginaire. Ce qui amène à mon point suivant.

 

Choisir le nom de famille d’un personnage du monde imaginaire

Contrairement au choix des prénoms, celui des noms de famille dans le récit de La Grande Traversée n’est pas lié à des noms de famille que j’affectionnais ou que j’avais déjà entendus autour de moi. Ils sont essentiellement des mots ou l’association de mots qui allaient ancrer les personnages dans une réalité que leur prénom ne véhiculait pas ou ne suffisait pas à marquer. C’est ainsi le cas des noms de famille Lemousse, Sémaphore, Legalion et Tesoro qui font tous référence au monde de la navigation, de la mer, ou des pirates.

Aussi dans quelques cas les noms de famille des personnages sont le fruit de la déformation de mots d’origine étrangère, comme par exemple Wizz d’Om. Après tout, dans le monde imaginaire issu des bouts de monde connu, il n’y a pas de limite. On peut modeler à sa guise. Ce que l’on peut faire aussi en jouant sur les surnoms et toute autre forme de dénomination que l’on peut utiliser pour les personnages.

 

Des surnoms, des alias imaginés sans les limites du monde connu

Je me suis amusée à inventer des surnoms pour les capitaines de pirates afin d’évoquer des caractéristiques qui les symbolisent comme par exemple cela est le cas de célèbres pirates qui ont existé tel Barbe Noire. Le surnom « Le Trancheur des Mers » fait ainsi référence aux actes de violence perpétrés par ce personnage ainsi qu’au monde de la navigation. « Le Trancheur des Mers » tranche aussi habilement les vagues que le cou de ses adversaires.
Trouvant aussi intéressante l’idée que le surnom peut évoluer tout au long de la vie en fonction des événements marquants de l’existence, comme cela se fait dans les tribus indiennes, j’ai décidé de doter ce capitaine des pirates plus tard dans le récit d’un autre surnom, à savoir celui de « La Taupe des Cavernes », surnom qui est à mille lieues du premier surnom. Conter les événements qui mènent à ce changement serait spoiler, donc je n’en dévoilerais pas plus dans cet article.

Je peux toutefois aborder un autre point. En effet, dans un autre registre, j’ai imaginé que certains des personnages doivent utiliser en présence d’étrangers des noms de code pour s’appeler les uns les autres. Une façon de préserver leur identité, car ne dévoilant leur véritable prénom et nom de famille qu’aux personnes de confiance. Cela doit probablement être lié à mon intérêt pour la culture japonaise, et plus spécialement aux mangas et anime en version originale que j’ai dévorés. Les mangas et anime m’ont en effet fait découvrir qu’il est d’usage au Japon d’appeler une personne par son prénom que si l’on est très proche de cette personne, comme expliqué par exemple dans ce forum sur le Japon. L’utilisation du prénom sans aucun suffixe confère un certain degré de relation, d’intimité. Le yobisute, le fait d’appeler au Japon quelqu’un par son prénom sans aucun suffixe, ne se pratique qu’entre membres d’une même famille, amis proches ou époux. Utiliser le yobisute sans l’accord préalable de la personne peut être pris comme une forme d’insulte, même si cela semble un usage qui sera toléré si cela vient d’un étranger ; cela n’est pas une particularité que j’ai reprise dans le récit.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Envoyer une réponse

Votre email ne sera pas publié. Les champs nécessaires sont indiqués par