Première histoire courte

mer poissons pirates

L’écriture de La Grande Traversée a démarré à la suite des premières lignes d’un récit qui m’est venu soudainement il y a environ dix ans. Le hasard veut que j’aie retrouvé il y a de cela quelques jours cette histoire courte en triant mes archives d’ordinateur. J’ai été surprise de la redécouvrir.

La voici dans son état brut. Attention il y a des sections où on voit le processus d’écriture. Il y a notamment des coquilles orthographiques et grammaticales, des tournures de phrases entre lesquelles j’hésitais et qui sont toujours dans le texte, et des liens entre certains passages qui ne sont pas limpides.
En lisant ces paragraphes, on devine toutefois aisément des événements, des personnages et un ton qui sont repris dans le premier volet de La Grande Traversée, et d’autres idées qui ont tout bonnement disparu de la version finale.

En relisant ces lignes, je me suis sentie plonger dix années en arrière, revisitant le récit qui a donné naissance à une écriture de plusieurs volets. Souvenir, souvenir….

« Bienvenue à bord moussaillons ! Attention où vous posez les pieds. Vous allez faire chavirer mon navire. Faites gaffe ou c’est la planche pour chacun d’entre vous ! »
Il dit ces paroles sur un ton à vous glacer le sang (Les paroles résonnèrent sur un ton à vous glacer le sang). Face à moi, se dresse un mât gigantesque. Au loin je discerne l’eau, un océan d’eau. Et dire que c’est ça qu’on appelle l’aventure ! Se retrouver sur un navire qui va prendre le large pour une durée indéterminée pour ne sans doute jamais revenir et croiser des mers déchaînées, alors que vous aviez bien précisé que vous souffriez du mal de mer. Vous retrouver entouré d’eau alors que vous redoutez de mettre ne serait-ce qu’un orteil dans l’eau de votre bain. Il doit y avoir une erreur…


Mes infortunés compagnons de voyage ne semblent pas plus rassurés que moi. Mais, pour être honnête, je crois bien que si je pouvais regarder mon visage dans une glace, j’y verrai la mine la plus déconfite de toutes / d’entre toutes. / avoir la mine la plus déconfite de tous. Le vent s’engouffre dans mes vêtements et nous n’avons même pas pris le large. Je grelotte à l’idée de ce qui m’attend. Tous nos hôtes arborent des sourires édentés. Et dire que ma vie dépendra de ces monstres /êtres / que je vais devoir remettre ma vie entre les mains de ces êtres. Combien je préfèrerais retourner sur terre, retrouver le plancher des vaches. Je crois que j’aurais encore préférer me retrouver condamné à faire des travaux forcés. Mon cauchemar ne fait que commencer.

Premier jour, première corvée de briquage de pont. Au moins je ne me retrouve pas dans une cale coupée du monde et sans fenêtre.

Depuis j’ai appris à éviter les ennuis avec nos gentils organisateurs et à filer droit dès que j’aperçois l’un d’entre eux.

J’ai réussi à subtiliser dans la cabine du capitaine, un jour où j’étais de corvée de dépoussiérage, comme ils aiment l’appeler ici, quelques feuilles de papier et un crayon. Depuis, lorsque tout le navire plonge vers / un monde plus clément et sec / des cieux plus cléments et secs, je prends mes feuilles de papier et l’encre que j’ai réussis à cacher en lieu sûr sous une latte de la cale dans un endroit où plus personne, à part moi, n’ose s’aventurer, je m’assieds sous le ciel constellé, prends le temps de la réflexion, et écris à la lumière des étoiles.

Le voyage devait durer plusieurs mois, mais j’ai déjà renoncer à compter chaque jour qui passe. Vu la taille de mon crayon et le nombre de feuilles vierges restant on doit être partis depuis trop longtemps pour que ma mémoire s’en souvienne précisément.

Je vais devoir bientôt aller subtiliser de nouvelles feuilles, le crayon devrait pouvoir encore tenir quelques temps. Autant ne pas chercher à entamer le peu de confiance qu’ils peuvent avoir en moi, si tant est qu’ils en aient jamais eu.

Fausse alerte aujourd’hui. Un de mes compagnons de voyage a crié trop tôt à la terre et en guise de récompense finira le reste de ces jours à compter le nombre de poissons dans l’océan.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Envoyer une réponse

Votre email ne sera pas publié. Les champs nécessaires sont indiqués par