Gameuse depuis 30 ans: chronologie d’une passion annoncée

jeu vidéo pong

Célébrant bientôt mon 30e anniversaire de jeux vidéo (comme le temps passe vite), je me suis amusée à faire un voyage dans mes souvenirs, à regarder les expériences de jeux vidéo qui ont fait la gameuse que je suis aujourd’hui. C’est un témoignage plus long que je ne l’avais prévu au départ.

Peut-être mon témoignage trouvera-t-il écho en vous ou vous amuserez-vous à faire un exercice similaire. Après tout il est amusant de prendre le temps de s’interroger sur les expériences de jeux vidéo qui nous ont marqué, celles qui ont fait de nous la gameuse ou le gameur que nous sommes aujourd’hui.

 

(1983/4) comment je suis tombée dans le chaudron de la gameuse

Mes premiers souvenirs de jeux vidéo sont une combinaison de ce que l’on appelait à l’époque les jeux électroniques (les Game and Watch de Nintendo sont parmi les plus connus), de jeux sur le Mac II récemment acquis par ma famille, et de jeux de type Pong sur une console que l’on connectait au téléviseur.

Mes tous premiers jeux électroniques sont probablement les jeux Caveman par Tyger, Super Donkey Kong sur 2 écrans et Donkey Kong Jr que m’avait ramenés un membre de ma famille d’un voyage aux Etats-Unis. Ces jeux étaient plutôt ardus: il n’était pas aisé de collecter des os alors que des éclairs tombent du ciel pour vous électrocuter et qu’un dinosaure de type T-Rex se tient tout à côté et peut à tout moment vous renverser d’un coup de queue.

Game & Watch Donkey Junior

Game & Watch Donkey Junior

 

Jouer à Pong procurait un plaisir qui provenait de sa simplicité. Je me rappelle du son lorsque la balle (représentée par un carré) était lancée et rebondissait sur la barre, et celui quand on la râtait. Il n’y avait ni générique ni menu, aucun texte à lire. Seule l’imagination des joueurs permettaient de voir dans cette association de barres et d’un petit carré un jeu de tennis ou un match de football.

Mes séances de jeux vidéo sur un des tous premiers Mac font aussi partie des souvenirs que je conserve avec une grande affection parmi mes premières expériences de gameuse. On pouvait programmer les jeux soi-même en suivant les instructions d’un livre, acheter des jeux et jouer pour certains avec un joystick. Je me rappelle très clairement de ma première expérience de jeux d’aventure. Il s’agissait du jeu Epidémie par ce que j’ai découvert être plus tard un studio de développement français (j’aurais dû avoir la puce à l’oreille avec un nom tel que Froggie Software). Je ne savais pas à l’époque que ce jeu serait considéré comme l’un des tous premiers jeux d’aventure dans l’histoire des jeux vidéo. Je me rappelle parfaitement d’avoir été bloquée dans le jeu à cause d’une énigme dans laquelle il fallait écrire au moyen du clavier l’action que l’on proposait de faire pour avancer. A cause de cette énigme je n’ai jamais pu finir ce jeu. Il est vrai qu’à l’époque il n’y avait pas de solutions de jeux ou de trucs et astuces sur internet qui aurait pu m’aider à sortir de cette situation. Internet n’existait pas.

Epidémie

le jeu Epidémie par Froggie Software

Il y a de cela quelques mois, au hasard de mes pérégrinations sur Internet, je suis tombée sur la photo de la scène qui m’avait bloquée à l’époque (celle de la créature extraterrestre dont le héros tombe amoureux). N’est-il pas incroyable que du peu de photos d’écran qui existent de ce jeu sur internet (merci au site planete-aventure) je sois tombée sur celle de l’endroit où je suis restée bloquée il y a 30 ans ? 😉

 

(1990) à moi les jeux de plateformes et les jeux d’arcade

Quand j’avais environ 10 ans j’ai commencé à exprimer mon envie de gameuse d’avoir une console de jeux vidéo. Les jeux Nintendo de plateforme avec Mario, celui avec le pistolet qui permettait de tirer sur les canards et le robot connecté à la console me fascinaient. A l’école nous avions ce que je pense aujourd’hui avoir été le jeu pitfall sur console Atari et je ne me lassais pas d’y jouer. Je revois clairement l’aventurier qui devait s’accrocher aux lianes et sauter pour éviter de tomber dans des précipices ou de se retrouver dans la gueule d’un crocodile.

jeu Pitfall sur Atari

Pitfall sur Atari

Au Noël de mes 11 ans, j’ai découvert parmi mes cadeaux une megadrive (connue comme genesis aux Etats-Unis). Il s’agissait de la console haut de gamme de Sega. Elle proposait des jeux en 16 bits au lieu des habituels 8 bits. Cela était une promesse alléchante. Au lieu de passer du temps avec le personnage sur lequel j’avais porté mes premières vues, il s’agissait de Mario, je me suis retrouvée à passer mes années de gameuse adolescente à jouer en compagnie de Sonic et de nombreux autres héros de jeux de plateformes sur la console de SEGA. De quoi satisfaire la gameuse que j’étais à l’époque.

console de jeux 16 bits

console Mégadrive de SEGA

Après avoir joué à de nombreux jeux de plateformes je pouvais aisément deviner à quoi m’attendre en terme de pièges et d’obstacles. Qui n’a jamais en effet fini par comprendre que si l’on est dans un niveau de lave ou de feu alors immanquablement il y aura par la suite sur votre chemin un niveau dans la neige ou vous devrez éviter que votre héros glisse dans les précipices ou sur des piques, ou un niveau sous l’eau où vous devrez rejoindre le point de destination en évitant de mourir asphyxié et les obstacles qui se dressent sur votre route. C’est pour cela que j’ai commencé à rechercher des jeux qui me donneraient une expérience de jeu différentes, innovante. J’ai ainsi souvenir du jeu Toe Jam and Earl, jeu à l’humour décalé. J’ai aussi pris beaucoup de plaisir à jouer à des jeux d’arcade tels que Outrun, AfterBurner, et à un des tous premiers jeux d’action-aventure appelé Flashback. Des graphismes de très haute qualité (pour l’époque) et un gameplay très sympa m’accrochèrent pendant des heures. Le jeu Flashback vient d’ailleurs de connaître une version remise au goût du jour, permettant aux nouvelles générations et au nostalgiques de le (re)découvrir.

 

(1993-2002) mon âge d’or des jeux d’aventure point-and-click

Je n’ai pas plongé dans la génération de consoles qui a suivi celle des 16 bits. A la place, je suis entrée dans une période où j’ai joué intensément aux jeux d’aventure sur ordinateur. Tout a commencé avec le jeu Myst sur Mac, un excellent jeu d’aventure avec des énigmes parfois un peu trop complexes. Myst était un jeu excellemment immersif et qui m’a donné envie de découvrir plus de jeux de la sorte.

boîtes du jeu Myst

les jeux d’aventure Myst

Je pense avoir à l’époque touché à presque tous les jeux d’aventure que je trouvais dans les rayons des magasins. Jetant mon dévolu aussi bien sur des titres récents que sur des titres bien pus anciens que j’avais râtés. Des jeux d’aventure avec un fond historique plus ou moins important (des jeux tels Egypte, Les Chevaliers de Baphomet) aux jeux se rapprochant des histoires de sciences fiction et de fantasy ou contes de fée (des jeux tels Syberia et Amerzone) sans oublier les plus délurés (comme Monkey Island). J’ai passé beaucoup de temps sur ces jeux. Heureusement pour moi, internet était alors arrivé, ce qui m’a permis de trouver les solutions en ligne afin de ne pas être bloquée indéfiniment à cause d’énigmes qui frôlaient parfois le diabolique. Le plaisir qu’ils m’ont procuré est resté profondément ancré dans ma mémoire de gameuse, tout comme le commentaire que l’un des personnages de ces jeux faisait à chaque fois que j’essayais de combiner deux objets qui n’étaient pas les bons : « Non, ces deux-là ne vont pas ensemble ». Je ne suis plus certaine de quel jeu il s’agissait mais cette phrase est restée gravée dans ma mémoire.

 

(1998) pourquoi une fille ne pourrait-elle pas jouer aux jeux pleins d’action ?

Après avoir épluché les répertoires des jeux d’aventure point-and-click, je me suis progressivement dirigée vers les jeux d’action. Ma soif de gameuse s’étendait. FPS, jeux de tir à la troisième personne, RTS, RPG. J’ai très vite inclus ces termes dans mon vocabulaire. Les graphismes étaient véritablement à la pointe sur mon tout nouveau PC. Je suis devenue une gameuse qui cherchait à être à la pointe de la technologie et de l’action. Je me rappelle des jeux Commandos (très bon jeu d’action stratégie avec une touche d’infiltration), Projet IGI (jeu qui m’a fait découvrir le plaisir de sniper depuis la distance plutôt que de foncer dans le tas), Soldiers of Fortune (jeu qui doit être mon premier jeu avec beaucoup de sang et qui encourageait la technique du foncer dans le tas).

screenshot de Projet IGI

la découverte du sniper dans Projet IGI

Quelques années plus tard, un stage dans une grande entreprise française de jeux vidéo m’a fait redécouvrir le monde des jeux sur consoles. A la fin de mon stage j’ai fait l’acquisition d’une PS2 et très vite j’ai été une mordue. Grâce à ma console je pouvais jouer à des jeux au top du graphisme sans avoir à me soucier des capacités de ma carte graphique de mon PC. Cela a été le début d’une nouvelle grande histoire d’amour avec les consoles qui m’a amené à l’acquisition d’une GameCube (ma première console Nintendo) et plus tard d’une Xbox et d’une Gameboy Advance SP. J’ai joué à de nombreux FPS, de nombreux RPG, de nombreux jeux d’action-aventure. C’est à cette époque que j’ai joué à mes tous premiers Zelda, en l’occurence The Wind Waker,  et Mario. J’ai découvert le cell-shading, les jeux d’action en monde ouvert. J’étais épatée par les progrès faits en terme de graphismes par rapport à ceux qui s’étaient affichés sur mon écran de télévision avec ma console de jeux 16 bits plusieurs années auparavant.

 

(2006 à aujourd’hui) les jeux casual sont-ils vraiment une nouveauté ?

Quand la nouvelle génération de consoles est apparue j’ai immédiatement franchi le pas et répondu présente à la promesse de graphisme et de plaisir de jeux encore plus grands. J’ai fait alors l’acquisition d’une Xbox360 et quelques temps plus tard d’une PS3.

Aujourd’hui je joue principalement à des jeux de FPS et d’action-aventure, et de temps à autres à des jeux de tactical RPG japonais tels que ceux de la série Disgaea. Je joue aussi depuis mon iPad et mon iPhone à des jeux de quizz, d’énigmes et d’aventures qui me rappellent les point-and-click que j’aimais tant, et à des jeux de stratégie et simulation, et aussi de temps en temps je fais une partie de cartes de solitaire. Je suis particulièrement sélective sur les jeux auxquels je joue. Je recherche des jeux qui vont tellement me plaire que je sentirai le besoin de les terminer voire de passer du temps une fois la campagne principale terminée pour explorer les lieux, faire des missions secondaires, débloquer des niveaux ou des compétences supplémentaires. Rares sont les jeux qui me tiennent vraiment scotchée.

disgaea sur ps3

le jeu Disgaea m’a occupée beaucoup d’heures

Je figure aujourd’hui parmi celles et ceux qui voient avec nostalgie les jeux de mes souvenirs de gameuse être réinventés, lancés après un lifting haute définition sur les smartphones et tablettes, et qui pensent que cela représente un très belle opportunités pour les nouveaux joueurs de goûter à des jeux mémorables lorsque le remake est réalisé avec brio. Je vois aussi avec beaucoup d’enthousiasme la variété impressionnante de jeux et de nouveaux gameplay qui débarquent, notamment grâce au tactile et maintenant le casque de réalité virtuelle. Les jeux vidéo sont en plein boom. Ils font le buzz. Ils font partie de notre vie de tous les jours.

jeu Plague

le jeu Plague sur ipad m’occupe aussi de temps en temps

Catégoriser les jeux auxquels je joue ou me catégoriser moi-même en tant que gameuse dans un genre ou un autre est un sujet compliqué. De la façon dont je le vois les choses, la frontière est floue et de nouveaux territoires émergent. Ce qui m’importe avant tout quand je choisis un jeu c’est le plaisir et l’émotion qu’ils vont me procurer, quel que soit son genre, son business model (free-to-play, premium,..) ou le support pour jouer. Si l’on me demandait de décrire la gameuse que je suis aujourd’hui, la réponse la plus proche de la réalité que je pourrais apporter est que j’aime autant les jeux hardcore que les jeux casual et que je peux aisément passer de l’un à l’autre. Mon voyage rétrospectif me mène à la conclusion que les jeux casual et hardcore ont toujours fait partie de mon expérience de gameuse et, je l’espère, continueront à le faire pendant de nombreuses années. Pour de nombreuses heures de plaisir de jeu.

 

Photo credit: astio / Foter / CC BY-NC-SA

 

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