Sous terre – histoire courte

métro sous terre

Toujours la même histoire, les mêmes silhouettes sans visage. Les mêmes visages sans nom. Les bruits qui résonnent sur les parois souterraines. Les odeurs nauséabondes et de transpiration. Le bruit cadencé des pas pressés.

Et toujours le même trajet. La peur de rater son transport. La dégringolade de l’escalator. La lutte contre le temps. Le bruit assourdissant du vent qui s’engouffre à travers la voiture. Les yeux perdus dans le vague qui s’entrouvrent par intermittence. Le regard fixé vers un inespéré signe de vie extérieure. Et ceux qui croient pouvoir s’isoler de la tourmente à travers les lignes du dernier roman de gare. Les corps qui se percutent, entrent en contact à la moindre secousse ou au moindre virage. La recherche effrénée d’un point d’appui pour éviter la chute. On se raccroche à ses rêves d’évasion. L’attente interminable de son point d’arrivée. Le souffle de soulagement quand vient enfin son temps de descendre du wagon à sardines. Et la barrière humaine qui se dresse alors devant vous quand vous avez eu le malheur de vous retrouver confiné du mauvais côté de la voiture. Le dernier effort à fournir pour s’extraire de la fournaise. Les êtres que l’on bouscule au passage. Et la course vers l’air pur. Les derniers mètres à couvrir. On presse le pas. Le bout du tunnel n’est plus très loin. Les derniers portillons à passer. La lumière. La vie. Une nouvelle journée de travail vient de commencer.

 


Photo credit: Le***Refs *PHOTOGRAPHIE* / Foter / CC BY-NC-ND

 

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